Investissement immobilier

Division, sous-location professionnelle et location courte durée

1. Interview de Jean Baudin

La division et la sous-location professionnelle sont à ce jour les deux stratégies les moins connues dans le domaine de l’immobilier. 

La location courte durée bien que très populaire connaît ces dernières années une évolution importante de la réglementation qui mérite d’être rappelée et expliquée. 

J’ai eu la chance d’interviewer Jean Baudin, un des rares investisseurs en France qui maîtrisent parfaitement ces trois sujets. 

Il nous partage comment il est passé du statut de salarié à celui d’investisseur et entrepreneur.

Jean dresse également un tableau très clair des règles à respecter lorsqu’on veut exploiter ces niches. 

Vous pouvez prendre des notes car, comme il le dit très justement : « les paroles s’envolent, les écrits restent ».

Si vous pensez que cette vidéo pourrait être utile à d’autres personnes dans votre réseau, n’hésitez pas à la leur partager. 

2. Transcription de la vidéo

Détélina : Bonjour.

Aujourd’hui je voulais vous parler d’immobilier mais sous un angle différent.

Voulez-vous connaître les secrets de niches encore peu exploitées et qui pourtant, ont un réel potentiel ?

Aujourd’hui, je voulais vous présenter Jean Baudin, qui est un ami, qui est aussi un investisseur et un homme qui va là où les autres ne vont pas, comme moi.

Jean : C’est vrai, c’est un peu mon « défaut » mais qui fait aussi ma qualité. C’est que je n’aime pas faire comme tout le monde et je fais souvent des choses différentes. Et je pense justement qu’il ne faut pas faire comme tout le monde si on veut avoir des résultats qui sont différents de la masse.

Détélina : Tout à fait. Vous êtes sur Business we like.

Merci de me suivre. Merci d’être avec nous un bon matin de septembre.

On a eu la chance avec Jean d’être à Milan pendant la semaine de mode mais on est là pour travailler avant tout.

Jean : C’est ça, c’est ça, exactement.

Détélina : Alors, Jean, pourrais-tu te présenter brièvement ? Qu’est-ce qui a fait que tu t’es intéressé à l’immobilier ? Non seulement intéressé mais tu as explosé tes résultats dans les années qui ont suivi.

Jean : Alors, pour me présenter, donc je m’appelle Jean Baudin. J’ai aujourd’hui, au moment où on réalise cette vidéo 36 ans. Je suis papa de deux petits garçons et je vis aujourd’hui de mes revenus immobiliers. Je suis entrepreneur également.

Ce qui fait que je me suis intéressé à l’immobilier, c’est qu’à cette époque, au moment où j’ai commencé à m’intéresser à l’immobilier, j’étais encore employé. Je travaillais chez un éditeur de logiciels où je vendais des logiciels de finance, de comptabilité, de ressources humaines… des choses qui ne sont pas toujours très drôles à appliquer.

Du coup je gagnais plutôt correctement ma vie, sans être exceptionnel mais j’étais quelque part dans la moyenne. Et un jour mon employeur a revendu son entreprise à une autre entreprise que j’avais déjà quittée précédemment parce que je ne me plaisais pas dans ce contexte-là.

Donc il a revendu cette entreprise à l’entreprise dans laquelle je travaillais avant. Je ne me retrouvais pas dans ce contexte. Je n’étais pas à l’aise et je me suis dis à ce moment-là : « mais il faut vraiment que je fasse quelque chose parce que cette situation va peut-être se reproduire ». Peut-être que si je quitte mon travail pour aller ailleurs, mon employeur va encore revendre. Il peut y avoir un changement de management, un changement de direction, tout peut changer.

Et en fait, je ne maîtrisais pas vraiment mon avenir. Je ne maîtrisais pas du tout ça et je m’intéressais déjà à l’immobilier parce que c’est quelque chose sur lequel j’avais de l’inspiration, ça me plaisait, ça m’intéressait. Mais je dirais qu’à ce moment-là, je n’avais pas trouvé le truc.

Parce que quand je recherchais des biens immobiliers, moi qui viens de Lyon, je recherchais des biens immobiliers sur Lyon. D’un point de vue rentabilité, ça ne passait pas. Donc je trouvais des biens mais qui ne m’apportaient pas suffisamment de rendements pour pouvoir me créer des revenus avec l’immobilier.

Et donc j’ai participé à pas mal de séminaires, des conférences, j’ai lu des bouquins, j’ai rencontré pleins de gens et je dois dire qu’on apprend vraiment en côtoyant des gens, en rencontrant des gens, en échangeant.

Et un jour j’ai rencontré quelqu’un qui m’a dit « mais en fait, il faut que tu achètes des appartements et que tu les divises ». Donc, ouais mais je ne voyais pas trop.

Je ne comprenais pas commercialement comment ça pouvait se passer, que ça pouvait être beaucoup plus intéressant parce qu’en fait, quand tu achètes au prix de gros, tu achètes beaucoup moins cher que si tu achetais au détail, des petites surfaces.

Donc ça, c’est une règle de commerce qui se vérifie partout, dans n’importe quel domaine.

Détélina : Surtout que tu paies une fois les frais de notaire. Tu ne le fais pas dix fois.

Jean : Il y a plein d’avantages. Tu ne paies qu’une fois les frais de notaire, effectivement mais au niveau du temps, tu gagnes énormément de temps aussi.

Tu achètes un bien une fois et puis peut-être que tu le divises en deux, en trois, en plus, je n’en sais rien… Et du coup, bah, tu fais plusieurs opérations d’un coup. Tu gagnes financièrement parce que c’est beaucoup plus intéressant d’acheter de cette manière.

Et donc je voyais pas trop le truc à ce moment-là, je me disais « mais comment tu fais déjà par rapport à la porte ? Je ne comprends pas, tu crées une deuxième porte ? » Tu vois, c’était un peu flou pour moi.

Et on m’a dit « mais non, tu laisses ta porte et tu crées un petit sas d’entrée à l’intérieur qui redirige vers deux espaces différents une fois entré ». Et là, je ne sais pas, ça a créé un déclic pour moi. Je me suis dit « mais oui ».

Détélina : Il a raison.

Jean : Oui. Alors, bien sûr, il y a pleins d’autres choses à creuser, pleins d’autres choses à vérifier, etc. Mais je dirais que c’était le point de départ pour moi qui fait que je me suis intéressé à la division d’appartement.

Détélina : C’est parti d’une rencontre ?

Jean : C’est parti… en fait, c’est vrai que tout ce que j’ai pu faire jusqu’à aujourd’hui, c’est un peu le fruit du hasard, le fruit des rencontres, des discussions que je peux avoir avec des personnes, voilà.

Il faut peut-être savoir saisir les opportunités. Peut-être se projeter, être imaginatif, créer des choses un peu nouvelles. En tout cas, c’est un peu l’histoire de ma vie, c’est ce qui m’arrive depuis toujours dans le domaine de l’immobilier.

Détélina : Si je peux me permettre, il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rencontres. Tu l’aurais rencontré deux ans auparavant, peut-être que tu n’aurais pas été dans ces dispositions d’esprit, de pensées. Là, c’est venu au bon moment.

Jean : Oui, c’est vrai. Je suis tout à fait en phase avec ça. C’est tout à fait possible.

Et donc voilà, j’en arrive à la division d’appartements, à la division. J’ai appris beaucoup de choses sur le terrain parce qu’entre la théorie et ce qu’il se passe sur le terrain, il y a un gap, ce n’est pas tout à fait la même chose. J’ai appris beaucoup de choses, je n’ai pas forcément fait tout bien au départ. Rien de grave, tout se corrige ensuite par la suite.

Détélina : Mais tu as osé faire.

Jean : Oui. Et heureusement. J’ai fait des erreurs, j’ai beaucoup appris mais je dirais que si je n’avais pas fait ses erreurs, je n’aurais rien fait, je n’en serais pas là aujourd’hui.

Détélina : Complètement.

Jean : Faire des erreurs, ce n’est pas grave. Et il n’y a rien qui est grave, on ne va pas…

Détélina : On ne va pas mourir.

Jean : Ça se corrige, oui, on ne va pas mourir, ça se corrige.

Détélina : Ce qui est important, c’est de faire un pas en avant vers nos objectifs. Ceux qui attendent, qui se perfectionnent et qui espèrent le coup parfait, au final ils ont tout perdu.

Jean : Rien n’est jamais parfait.

Détélina : Exactement.

Jean : Rien n’est jamais parfait, en tout cas, c’est ce que je pense. Et je pense qu’il faut essayer, il faut faire des choses, sinon il ne se passera jamais rien. Ça, c’est sûr et certain.

Détélina : Merci beaucoup Jean.

Alors, tu t’es spécialisé dans la division, dans la location courte durée et dans la sous-location professionnelle.

Jean : Exact.

Détélina : A part la location courte durée, les deux autres catégories sont très peu connues. Est-ce que c’est pour tout le monde et est-ce que c’est facile de faire de la division ? Quels sont les points à ne vraiment pas négliger ?

Jean : Alors il y a pas mal de points à vérifier. Je ne peux pas te dire que c’est hyper facile. Ce n’est pas non plus difficile. Si tu sais ce qu’il faut vérifier, si tu sais ce qu’il faut faire, il n’y a pas de raison, tu peux diviser « assez facilement ».

Mais oui, il y a des points à vérifier. Déjà au départ, quand tu fais une visite, c’est vérifier les ouvertures, où est-ce qu’elles sont situées ? Vérifier les évacuations, où est-ce qu’elles sont situées ? Donc ça, c’est la partie technique.

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Il y a aussi la partie légale à vérifier. Si tu investis en copro ou pas en copro, qu’est-ce que dit ton règlement de copro ? Si tu n’es pas en copro, le sujet est quand même beaucoup plus simple.

Parce qu’en fait, au niveau de la division, on peut diviser des apparts, on peut diviser des maisons, on peut diviser des terrains, on peut diviser n’importe quel bien immobilier en fait.

Détélina : C’est vaste.

Jean : Et en fonction des biens immobiliers qu’on va diviser, le contexte est différent donc les règles sont parfois différentes.

Parfois on pense qu’investir par exemple dans une maison, c’est simple, mais il y a aussi des maisons situées dans des copropriétés.

Donc il faut être vigilant sur le règlement de copropriété. Il faut être vigilant aussi sur l’urbanisme, ce que nous demande l’urbanisme, ce qu’indique le PLU. Est-ce qu’il faut créer des places de parking ou pas ?

Il y a différents éléments comme ça qui sont à vérifier. On a une check-list en fait, on vérifie chaque point et si ça rentre, on peut y aller, si ça ne rentre pas, on passe à un autre bien, tout simplement.

Détélina : Très bien. La division est-ce que tu penses qu’on peut en faire dans toutes les villes de France ? Est-ce que tu penses qu’il y a des éléments qui peuvent augmenter encore plus notre rentabilité en dehors de la division ?

Jean : Alors, d’un pont de vue technique, on peut en faire dans toutes les villes de France. Ce n’est pas un sujet.

Après ça dépend de ce que tu entends par division. Si c’est diviser un terrain par exemple, franchement, je pense que n’importe où en France, ça peut être intéressant.

Diviser un appartement comme moi j’ai pu faire, je pense que c’est surtout intéressant dans les villes où le prix d’achat est assez élevé. Pourquoi ? Parce que faire une division, ça représente aussi un coût au niveau des travaux. Et si tu te mets à faire des travaux à un prix plus élevé que le prix du foncier, dans ce cas-là, il n’y a pas forcément d’intérêt.

Donc je pense que dans les villes moyennes-grandes, c’est extrêmement intéressant.

Dans les petites villes où le prix du foncier est inférieur au prix des travaux, pour moi il n’y a pas d’intérêt. Autant acheter un bien directement tout fait d’une petite surface. Pas d’intérêt d’aller sur des gros biens.

En revanche, dans ces petites zones, pourquoi pas diviser un terrain ou acheter une maison qui a un grand terrain, diviser le terrain, garder la maison, revendre le terrain ou revendre la maison et reconstruire sur le terrain. Après, ça, ça dépend des projets et de ce que chacun veut faire mais tout est possible.

Détélina : C’est pour rentabiliser une grande partie d’une future construction ou ça peut même faire une maison « gratuite ».

Jean : C’est ça. Tu vois mes artisans qui sont aussi là-dedans, ils ont acheté chacun d’eux une maison avec un terrain, ils ont découpé le terrain, ont revendu un terrain et ça paie la maison.

Et s’ils revendent la maison, c’est le jackpot et en plus ils revendraient leur résidence principale puisque c’est leur maison. Donc on peut faire des choses vraiment très sympa avec la division.

Détélina : Donc à creuser, vraiment.

La location courte-durée, après une règlementation de plus en plus stricte, il y a beaucoup de personne qui se sont retirées.

Est-ce qu’à ton avis, il est encore intéressant de faire ce genre d’exploitation et surtout, comment s’organiser pour ne pas y passer ses journées et ses nuits ?

Jean : Alors, la location courte-durée, beaucoup de gens se sont retirés d’après ce que tu viens de me dire ?

C’est extrêmement intéressant ce que tu dis. Parce que ces personnes qui se sont retirées, si elles se sont retirées à cause de la réglementation qui se durcit, qui s’est durcie, c’est parce qu’elles n’ont pas fait les choses dans les règles dès le départ.

Parce que quand tu fais les choses dans les règles du départ, tu fais différentes déclarations auprès de l’urbanisme et du coup tu obtiens un droit. Ça ne s’appelle pas comme ça mais quelque part, c’est un droit qui te permet d’exercer cette activité.

Ce droit, il n’est pas rétroactif, c’est un peu comme le permis de conduire. Quand tu passes ton permis de conduire, tu l’obtiens. Si demain les règles pour obtenir le code ou le permis changent, on ne va pas te demander de repasser le permis.

C’est exactement pareil en matière de location courte durée. Si tu as fait les démarches nécessaires avant le passage de cette règlementation, que tu as obtenu les autorisations, on ne peut rien te faire. On ne peut rien te dire. Tu as tes autorisations, on ne peut pas te l’enlever.

Détélina : D’accord.

Jean : Donc ça, c’est extrêmement intéressant parce que les personnes qui se sont retirées à cause de ça sont des personnes qui déjà n’étaient pas dans la légalité. Donc ça, c’est le premier point.

Personnellement, en ce qui me concerne, tout à été parfaitement déclaré au service de l’urbanisme avant. Donc les biens que je possède et qui sont à Lyon, sont toujours exploités en location courte durée mais ça ne me pose absolument aucun problème. Je suis parfaitement en règle avec ça.

Détélina : Je pense que c’est surtout le point l’obligation d’achat d’une surface de compensation.

Jean : Oui, alors ça, justement, j’allais y venir.

Dans certaines villes de France, on demande une surface de compensation quand tu exploites un bien en location courte durée.

Détélina : Qu’est-ce que c’est ? Parce que tout le monde, je pense, ne maîtrise pas ce sujet.

Jean : Oui. La surface de compensation est… en fait la mairie, l’urbanisme va estimer qu’étant donné que tu exerces une activité de location de courte durée dans un bien, tu supprimes une habitation. Donc on va te demander de recréer une surface habitable dans un bien qui, à l’origine, n’est pas destiné à l’habitation.

Détélina : Dans une zone tendue, là où il y a une pénurie de logements, souvent.

Jean : C’est ça. Ils vont estimer ça. Donc ils délimitent les zones par rapport à ça. On va te demander par exemple, si tu achètes un appartement et que tu fais une location courte durée, il faut que tu achètes un local commercial et que tu le transformes en habitation. Donc c’est un peu idiot.

Détélina : Et du coup la rentabilité est complètement… tuée ?

Jean : Il ne faut pas le faire, franchement, il ne faut pas le faire, sauf exception. Il n’y a pas de règle mais il faut étudier chaque projet indépendamment.

Mais autant du coup acheter un local commercial dans lequel tu pourrais directement effectuer cette activité plutôt que de faire cette transformation. Ça, cette surface de compensation, personnellement, j’ai des biens qui sont dans cette zone de surface de compensation qui ont été déclarés avant. Donc on ne peut rien me demander. Là, je suis tranquille.

Ces zones, alors on en entend beaucoup parler à Paris, Bordeaux, une partie de Lyon mais je dirais que ce n’est pas non plus un sujet. Ce n’est pas un problème parce que la règle, on la connaît. Elle est claire, elle est définie.

On te dit que dans cette zone-là, on ne va pas dire que tu n’as pas le droit mais sous condition, tu peux faire de la location courte durée. Si c’est trop contraignant, tu ne le fais pas et tu sors de cette zone.

J’ai aussi des biens qui sont hors de cette zone et ils sont très bien. Ils se louent très bien. Donc pour moi, ce n’est pas vraiment un sujet. C’est un peu embêtant, etc. surtout les médias essaient de faire peur parce que du coup, depuis qu’on entend parler de ça, il y a un peu tout et n’importe quoi qui circule sur Internet, dans les médias, etc.

Donc les gens sont un peu perdus, ils ont peur. Ils ont réussi à faire peur mais il faut juste respecter la réglementation. Et la réglementation est contraignante dans ces zones. Sors de ces zones si c’est trop contraignant. Ne le fais pas dans ces zones.

Détélina : Il faut valider surtout la demande, s’il y a une réelle demande.

Jean : Bien sûr.

Détélina : A partir de là on peut tout faire. Si on le fait correctement, au-dessus de la concurrence et avec un budget maîtrisé.

Jean : Pour valider la demande en location courte durée, il y a un truc super simple. Tu regardes s’il y a un hôtel dans le coin. Si tu sais qu’il y a un hôtel, tu étudies un peu son activité mais si cet hôtel accueille des personnes, c’est qu’il y a un marché, une demande.

Donc toi, en ayant un bien dans cette zone-là, tu vas simplement capter une partie de cette demande. Rien qu’en ayant ton annonce dans les sites d’annonces, tu vas être référencé à peu près au même endroit que les hôtels. Tu vas capter une partie de cette demande, sachant que toi, si tu as un bien, tu as un seul locataire à trouver par nuit, l’hôtel peut-être 10, 15, 20 en fonction de son nombre de chambres. Donc forcément, tu vas réussir.

Détélina : Et surtout, s’il y a une proximité à une gare, à des transports en commun… ça facilite.

Jean : Oui. Alors les gares, les transports en commun, les zones touristiques… sachant que la location courte durée est souvent assimilée à touristes mais il y a beaucoup de clientèles business aussi, des gens qui se déplacent.

Par exemple, nous on est ici aujourd’hui. Alors à voir comment on peut interpréter ça mais ce n’est pas non plus… enfin, on est venu travailler aussi. Donc il n’y a pas que des touristes qui viennent pour des vacances. Il y a aussi plein d’activités. L’hôtel ne vit pas que du tourisme mais aussi de toutes les activités qui se passent au quotidien. Donc la demande, elle est là.

Détélina : Très bien, très intéressant. Merci Jean.

Et dernier point, la sous-location professionnelle. Alors, déjà, sous-location, c’est vague, c’est obscur, c’est borderline, beaucoup de personne se demandent « est-ce que j’ai le droit ? est-ce que je n’ai pas le droit ? » Mais sous-location professionnelle, là, je pense qu’on perd la majorité du public. Est-ce que tu peux nous éclaircir sur le sujet ?

Jean : Bien sûr. En fait, la sous-location de base, qu’est-ce que c’est ? C’est le fait de louer un bien et de le relouer plus cher que le prix auquel on le loue pour dégager une marge. Ok ?

Il y a plusieurs règles à respecter pour le faire correctement. Déjà il ne faut surtout pas le faire avec un bail d’habitation classique type loi juillet 89. Ça c’est simplement… alors, je ne vais pas te dire interdit parce que tu as le droit de le faire mais tu n’as pas le droit de gagner de l’argent avec.

La loi de juillet 89 interdit de gagner de l’argent comme ça si tu es soumis au beau d’habitation. Donc il faut le faire avec un contrat spécifique qui te permette de…

Détélina : De déroger à cette règle.

Jean : Voilà. De ne pas rentrer dans cette loi des beaux d’habitation, de le faire de manière différente pour pouvoir en exercer une activité commerciale. Donc ça, c’est le premier point.

Deuxième point, il faut l’accord du propriétaire. Ça, c’est absolument indispensable.

Détélina : L’accord écrit, il vaut mieux.

Jean : De toute façon, c’est absolument indispensable parce qu’étant donné que tu sors de ce cadre des beaux d’habitations type juillet 89 comme je te l’ai indiqué, on va signer un autre type de bail avec le propriétaire qui fait que, forcément, il est au courant et il est d’accord avec cette pratique.

Donc forcément le propriétaire est informé, il y a un bail écrit entre le locataire et le propriétaire qui fait que tout est parfaitement clean. Donc autorisation du propriétaire obligatoire, bail spécifique à valider obligatoire.

Détélina : Auprès d’un avocat spécialisé ?

Jean : Alors, moi personnellement, c’est comme ça que j’ai fait. C’est-à-dire que quand j’ai commencé, j’étais comme tout le monde, je ne connaissais pas ce modèle. Je ne savais même pas qu’il était possible de le faire.

Je me suis bien renseigné et j’ai un avocat qui m’a créé un bail spécifique pour encadrer cette activité. Et tout à démarrer comme ça.

Détélina : Et la sous-location professionnelle, est-ce qu’on doit être une société ? Quel type de société pour exercer cette activité ?

Jean : Alors de mon côté j’ai créé une SAS.

Détélina : D’accord.

Jean : Je peux aussi le faire avec une SARL et moi j’ai une vraie société en tout cas qui permet d’encadrer cette activité.

Détélina : Et une SCI à l’IS ?

Jean : Non. Disons qu’une SCI, c’est plutôt dédié aux propriétaires, aux personnes qui possèdent un bien immobilier et qui vont l’exploiter. Alors de manière « commerciale » si c’est du meublé ou de manière nue si c’est plutôt du foncier. Mais ce n’est pas adapté pour effectuer de la sous-location professionnelle.

On est vraiment dans une activité commerciale donc il faut vraiment une société commerciale : SAS, SARL. Ça fonctionne très bien.

Il serait également possible de l’exercer en nom propre mais fiscalement, c’est peu intéressant.

Donc je dirais que pourquoi pas pour démarrer. Si le fait de démarrer une société peut faire peur parce qu’on ne l’a jamais fait, je peux l’entendre, je peux le comprendre. On peut démarrer comme ça mais fiscalement, ce n’est pas du tout intéressant. Donc vaut mieux basculer tout de suite sur la structure commerciale.

Détélina : D’accord, très bien. Et dans ce cas-là, quels sont les droits du sous-locataire quelque part et quels sont les points de vigilance à ne pas négliger dans un contrat dérogatoire ?

Jean : En fait ce qui est intéressant avec ce type de bail, c’est que tout est possible.

Détélina : C’est vrai ?

Jean : On peut quasiment tout faire du moment où le locataire est ok et que le propriétaire est ok.

Il faut simplement écrire les choses donc il faut être vigilant sur quoi ? Sur à peu près tout.

Déjà sur l’état des lieux lorsqu’on loue un bien. Parce qu’on va louer le bien, il faut faire un état des lieux précis pour pouvoir faire un état des lieux de sortie aussi lorsqu’on va rendre le bien. Il faut qu’il soit dans le même état.

Après, on peut se mettre d’accord sur différentes choses. Est-ce que il y a des travaux à faire dans le bien ? Est-ce qu’on peut l’améliorer ? Donc du coup il y a une compensation pour le locataire.

Si moi en tant que locataire je prends un bien dans lequel je fais des travaux, je souhaite que mon propriétaire m’accorde peut-être 6 mois de gratuité, par exemple, en fonction du montant de l’ampleur des travaux.

Détélina : La taxe foncière, est-ce qu’elle peut être supportée par le locataire ?

Jean : Elle peut. Si c’est écrit, si c’est mentionné, c’est tout à fait possible. Tout à fait possible.

Taxe d’habitation, il n’y en a pas puisque que la taxe d’habitation, c’est le locataire qui la paie au 1er janvier, le locataire qui vit dans le logement. Si personne n’y vit en revanche, on aura la taxe de séjour à payer.

Quoi te dire d’autres sur les points de vigilances ?

La caution. Evidemment, il y a une caution verser.

L’état de l’appartement ou du bien immobilier. Est-ce qu’il est bien meublé ? Est-ce qu’il est bien équipé ?

En fait, je dirais que le point de vigilance est qu’il faut écrire les choses sur le bail. Il faut que tout soit bien mentionné parce que tu sais ce qu’on dit « les écrits restent, les paroles s’envolent ».

Donc bien écrire les choses. Faites quelque chose de commercial. Activité professionnelle, donc on ne laisse rien au hasard. On se comporte comme des professionnels et on encadre les choses par écrit.

Détélina : Super, très bien. Merci beaucoup Jean.

Dernier mot de la fin. Si quelqu’un se lance aujourd’hui, qu’est-ce que tu lui dirais ?

Jean : Lance-toi, tu as raison, fais-le.

Non, il faut faire les choses. Je pense que quand on n’a pas fait les choses, on se dit toujours « j’ai peur, est-ce que ça vaut le coup ? Est-ce que ça ne vaut pas le coup ? ». Il faut tester les choses.

Au final, quel est le risque ? Il n’y a pas de risque si important que ça. Si ça ne vous convient pas, vous arrêtez, tout simplement.

Si ça vous convient au moins vous avez un pied dedans. Et c’est normal de faire des erreurs. Forcément, vous allez faire des erreurs.

Malgré l’expérience que j’ai aujourd’hui au niveau de la division ou même de la sous-location, si je me lance dans un nouveau projet demain, je ne vais pas tout faire parfait. Je vais aussi faire des erreurs. Alors bien sûr, je ne ferai pas les mêmes erreurs de débutant que j’ai faites au départ mais je ferais peut-être d’autres erreurs et des erreurs, ce n’est pas grave parce que ça se corrige.

Donc je pense vraiment qu’il faut passer à l’action parce qu’il n’y a que ça qui paie, très sincèrement.

On peut rêver de certaines choses, penser à certaines choses, comment seraient nos projets, etc. mais quand vous faites dans votre tête, c’est du rêve, ce n’est pas de l’action. Il faut avancer, il faut passer à l’action, il faut faire les choses. C’est ce que je pense très sincèrement.

Détélina : Tout à fait. Je suis absolument d’accord avec lui. On a eu une conversation très intéressante hier et on a constaté qu’on est pas mal alignés sur les stratégies et la manière de voir l’immobilier.

Où est-ce qu’on peut te trouver ?

Jean : Alors aujourd’hui je suis à Milan mais je vais rentrer à Lyon.

Détélina : Sur quel site, sur quels réseaux sociaux ?

Jean : Alors oui sur les réseaux sociaux. J’ai un site Internet. J’ai créé un organisme de formation qui s’appelle Mon Capital Immo donc éventuellement sur ce site web ou alors sur YouTube, Facebook éventuellement. Vous tapez « Mon Capital Immo » et vous allez me retrouver.

Détélina : Merci beaucoup.

Jean : Merci à toi pour ton accueil, pour cette petite vidéo. C’était très sympa.

Détélina : J’espère que ça vous a plu. J’espère surtout que vous allez appliquer les clés que Jean a eu la gentillesse de partager avec nous ce matin.

C’est vraiment un professionnel de l’immobilier qui a fait de nombreuses opérations et qui a trébuché comme tout le monde, qui s’est relevé et puis qui est devenu de plus en plus fort et efficace dans chaque nouvel investissement en fait.

Donc n’hésitez pas à aller voir ce qu’il fait sur son site.

N’hésitez pas également à télécharger mon livre « Crée un bien d’exception ».

Et puis je vous dis à très vite pour de nouvelles interviews avec des personnes passionnantes. Merci.

Merci Jean.

Jean : Merci et toi. 

A votre succès et épanouissement.

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Détélina

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